la Fondation Abbé Pierre dénonce le choix politique de l’Etat
qui oublie les familles modestes au profit des plus riches.
Lors du Congrès de l’Union Sociale pour l’Habitat, à Toulouse les 15, 16 et 17 septembre 2009, la Fondation interpelle les pouvoirs publics sur les choix opérés en matière de logement, qui privilégient le développement d’un parc locatif privé dont le niveau de loyers est inaccessible au plus grand nombre.
La Fondation Abbé Pierre, rappelle que l’effort de la collectivité en direction du logement est en recul depuis 2001, pour l’essentiel à cause de l’État dont la contribution est pratiquement descendue à son point le plus bas depuis 30 ans (de 1,36 % du PIB en 2000 à 1,11 % en 2008).
Dans le même temps, l’action de l’État se concentre sur l’incitation fiscale à l’investissement locatif privé sans contreparties sociales, au détriment de l’aide à la production de logements locatifs sociaux ou privés à loyer accessible.
Ainsi, une estimation montre que l’État se prive d’une recette qui peut s’élèver à 75 000 € par logement (Loi Scellier), contre une dépense de 36 482 € pour le locatif social (PLUS). Cette situation est d’autant plus inacceptable que le premier ne cible que les 25 % des ménages les plus riches alors que le second concerne 60 % des ménages les plus modestes.
La Fondation Abbé Pierre dénonce avec force cette posture qui oublie les plus modestes et la réalité des besoins alors que le marché extrêmement tendu est encore aggravé par la crise économique et sociale. Elle demande donc à l’État d’infléchir sensiblement ses priorités dans les choix budgétaires à venir.
