MERCI MONSIEUR BESSON !
La Fondation Abbé Pierre se réjouit de la loi présentée par le ministre Besson, loi qui fait la quasi unanimité dans le secteur associatif. « Cette loi est le fruit des expériences, innovations et propositions des associations », comme l’a déclaré le Ministre.
Cette loi ne date pas de 2010 et ne concerne pas le ministre de l’Intégration, mais a été promulguée le 31 mai 1990 sur l’initiative du ministre du Logement de l’époque, Louis Besson. Une loi « visant à la mise en œuvre du droit au logement » dont on commémore le 20e anniversaire.
Cet anniversaire doit être, pour nous tous, l’occasion de se souvenir des apports d’une loi essentielle en matière d’aide au logement des défavorisés et d’en mesurer toute l’importance. Que ce soit parce qu’elle a reconnu prioritaire une politique du logement en faveur des plus fragiles, ou parce qu’elle a su organiser le rôle des associations au cœur de missions de service public auprès des catégories les plus faibles.
20 ans après, ces avancées sociales sont fortement menacées.
Alors que les ménages subissent une fragilisation dans leur accès ou leur maintien dans le logement (500 000 familles confrontées à un impayé de loyer avant la crise, deux fois plus qu’en 2002), alors que le chômage — en lourde progression — aggravera une situation déjà tendue, les plus faibles ne semblent plus constituer la priorité des politiques publiques.
Pire encore, les associations qui viennent en aide aux ménages modestes ne parviennent plus à soutenir et accompagner ces familles toujours plus nombreuses, d’autant moins que les pouvoirs publics diminuent les moyens affectés pour leur permettre de faire face.
La situation économique et sociale se dégradant, la Fondation Abbé Pierre s’inquiète des mauvais coups qui pourraient frapper les personnes défavorisées et le secteur associatif qui les soutient. 20 ans après, il nous faudrait pourtant — aujourd’hui plus qu’hier — mobiliser toutes les énergies pour mettre à mal les violences sociales qui menacent notre pays.
