La Fondation Abbé Pierre scandalisée :
en France, on meurt autant à la rue l’été que l’hiver
Aujourd’hui à 14 heures 30, un homme va disparaître devant la pyramide du Louvre à Paris. Par chance, cette personne sans abri, sculptée dans un bloc de glace, ne sera pas une nouvelle victime de la rue, mais elle a vocation à les symboliser toutes...
Si la Fondation Abbé Pierre a tenu à disposer au coeur de l’une des plus belles capitales du monde cette sculpture de glace aux premiers jours de juillet, c’est pour rappeler qu’en cette période, pourtant privilégiée, on meurt autant à la rue qu’aux grands froids de l’hiver, bousculé par l’amplitude thermique, l’absence d’hygiène ou l’insuffisance des politiques publiques. En 2009, 406 personnes ont trouvé la mort à la rue, elles sont déjà 153 depuis le début 2010.
Lorsque les impayés de loyers progressent de 13 % en un an dans le parc social, la crise frappant plus durement et injustement les moins favorisés... Lorsque les impayés d’énergie vont être multipliés par 30 sur un an (300 000 contre 10 000 pour GDF)... Lorsque le nombre d’expulsions locatives a explosé ces dernières années et que l’on compte plus de 105 000 procédures... Lorsque 5349 places d’hébergement d’urgence hivernale sont tout simplement fermées fin mars... on contribue - et on continue -à mettre à la rue des personnes fragilisées.
Une politique qui ne prend pas en compte les besoins sociaux les plus élémentaires et qui refuse d’accorder à la lutte contre l’exclusion ce qu’elle a offert au monde bancaire est une politique injuste et inhumaine.
Le Gouvernement n’est pas responsable des morts à la rue, mais il est responsable de ne pas tout mettre en oeuvre pour que personne ne soit contraint d’y vivre. Voire d’y mourir.
