Les gens du voyage sont nos voisins.
Pour une action gouvernementale volontariste en faveur de l’accueil et de l’habitat des gens du voyage.
Dix ans après la loi du 5 juillet 2000, les gens du voyage restent considérés comme illégitimes sur la majorité de nos territoires. Le taux de réalisation des objectifs de création d’aires d’accueil reste à un niveau extrêmement bas (- de 50%!). Les équipements existants restent pensés en marge des agglomérations et des services de droit commun, sachant que leurs modes de gestion méritent souvent d’être réinterrogés tant dans leur coût que dans la qualité des prestations.
C’est bien la carence et le faible niveau de l’offre permettant l’accueil des familles, y compris dans le cadre des grands passages, qui contraint les gens du voyage à des occupations spontanées, dénoncées par les pouvoirs publics et génératrices de tensions inutiles. C’est aussi à cet endroit que se situent les premiers freins à la constitution de liens sociaux et citoyens. Et pourtant l’Etat ne prend pas la mesure de ces enjeux.
Nulle part la possibilité conférée par la loi au préfet de se substituer aux communes défaillantes n’a été mobilisée. Nombre de plans locaux d’urbanisme interdisent l’installation de résidences mobiles sur l’ensemble du territoire sans que ne s’exerce ici le contrôle de légalité des services préfectoraux. Alors que la création d’une aire d’accueil dans le 16ème arrondissement de Paris a déjà été remise en cause, et que des menaces planent désormais sur le projet d’une aire dans le Bois de Vincennes, nous attendons de la ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, une affirmation forte de la nécessité de réaliser ces aires d’accueil.
Dans ce contexte tendu, le collectif des associations unies appelle à une action publique concertée qui prenne en considération les gens du voyage dans un objectif d’égalité d’accès aux services et de cohésion sociale. Cette action publique repose notamment sur les piliers suivants :
- La réalisation des équipements d’accueil conformément aux objectifs des schémas départementaux,
- La prise en compte de l’inscription sur nos territoires des gens du voyage dans les politiques d’habitat,
- L’accès aux aides personnelles au logement des ménages qui vivent en caravane,
- La concertation et le dialogue avec les gens du voyage et les associations.
