Alerte sur les chiffres des impayés de loyer
pouvant entraîner des expulsions
À la veille de la trêve hivernale, des expulsions et des premiers froids,
la Fondation Abbé Pierre veut porter l’éclairage
sur la précarisation croissante des ménages modestes
Après la crise financière, on nous prédit la crise économique et ses conséquences sociales. Nous affirmons haut et fort que les effets sont déjà extrêmement perceptibles pour nombre de ménages.
On constate un fort accroissement, dans certains territoires, de personnes nouvelles dans nos accueils de jour ou à la porte des structures d’hébergement. Les dernières données sur le nombre des impayés de loyer confirment dramatiquement l’évolution dangereuse de la situation avant même l’aggravation liée à la crise.
• Plus de 500 000 ménages présentent des impayés de loyer de plus de 2 mois, soit une augmentation de plus de 96% (source INSEE) sur 4 ans dans le parc privé et de plus de 58% dans le parc public où les loyers sont encadrés.
• Les 2/3 des impayés concernent desménages modestes ou très modestes (revenu inférieur au SMIC pour un célibataire et inférieur à 2 SMIC pour une famille avec enfants). Ces ménages touchent pourtant une aide au logement qui s’avère insuffisante face à la dernière flambée des prix des loyers et des charges.
La Fondation Abbé Pierre s’étonne que la réponse gouvernementale dans le dernier texte soumis au Parlement tente de substituer l’accession sociale à la propriété au logement social et renforce la répression (délai raccourci de 3 à 1 an) plutôt qu’un dispositif de prévention des expulsions obligatoire et équilibré. L’effet ciseau entre la crise du pouvoir d’achat et l’augmentation du coût du logement provoque une situation catastrophique pour de nombreuses familles.
À quand une intervention publique juste, forte et ambitieuse ?
