La loi Grenelle doit prendre en compte la précarité énergétique.
Le projet de loi Grenelle 1 sera présenté aux Parlementaires le 6 octobre.
Les acteurs de l’habitat, de l’énergie et du social tiennent à rappeler l’importance à accorder au phénomène de précarité énergétique, totalement absent du projet de loi. Pour cela, ils ont adressé ce jour la lettre ouverte ci-dessous à tous les parlementaires français.
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Impayés de factures, endettement, problèmes sanitaires divers, exclusion sociale, dégradation de l’habitat et des conditions de vie. Le prix croissant de l’énergie et le mauvais état thermique des logements nous conduit vers une crise sociale et sanitaire majeure.
Cet hiver, près de 5 millions de familles auront des difficultés à chauffer leur logement ou s’endetteront, parmi elles les plus vulnérables, personnes âgées, handicapées, familles à très faibles ressources seront les plus touchées.
Il est temps de prendre à bras le corps ce problème et d’y apporter de véritables solutions. Le Grenelle de l’environnement nous en donne l’occasion. Nous ne devons pas laisser la situation se détériorer pour ces familles, sachant que l’augmentation actuelle des prix de l’énergie ne fera qu’aggraver leur situation.
Nous, associations, ONG, organismes publics, regrettons que le problème de la préarité énergétique soit ignoré. Bien que le terme de précarité énergétique ait été cité dans les conclusions des réunions initiales, il n’est plus cité dans les projets de loi issus du Grenelle de l’environnement.
Les mesures concernant le logement social ne sont pas une réponse suffisante, plus de la moitié des familles modestes habitent dans des logements privés.
Nous demandons donc que soient ajoutés aux projets de loi Grenelle 1 et 2 la mise en place d’un plan national de lutte contre la précarité énergétique et qu’il comprenne :
- une définition précise de la précarité énergétique ;
- un observatoire de la précarité énergétique en France ;
- des solutions définies en concertation avec l’ensemble des partenaires et dotées de moyens.
Depuis des décennies nous nous contentons de soigner le symptôme (les impayés de factures) mais il est urgent de s’attaquer à la source du problème : effectuer les travaux nécessaires pour améliorer la performance énergétique des logements.
Nous n’arriverons pas à atteindre les objectifs du Grenelle en matière de lutte contre le changement climatique sans prendre en compte sérieusement les personnes n’ayant pas les moyens de financer les travaux d’économies d’énergie nécessaires à l’atteinte de ces objectifs.
La lutte contre le changement climatique ne doit pas devenir une source d’exclusion supplémentaire pour les plus démunis. Il faut maintenant passer à l’action : inscrivez dans le marbre de la loi un plan ambitieux de lutte contre la précarité énergétique, concerté et doté de moyens.
